Le récit d'un échec :

 


 

TOR DES GEANTS - Endurance Trail de la Vallée d'Aoste- ITALIE

                330 km - 24000m D+   8 – 14 septembre 2013

 

 

 

Après le passage du tunnel du Mont Blanc, je me trouve à Courmayeur qui se situe dans la vallée d'Aoste. Cette ville est le point de départ de la course (et aussi l'arrivée pour certains). En arrivant dans cette ville, le ton est donné avec des banderoles de la course dans tous les carrefours.

 

A partir de ce moment, un petit stress me gagne. Une fois la voiture garée, je me retrouve dans un flots de personnes affûtées qui se dirigent vers un complexe sportif. C'est accompagné d'un nœud au ventre que je prend la direction de la salle. La pression va augmenter doucement avec la présence d'une affiche à l'entrée du bâtiment et par l'attente de la remise du dossard et du fameux sac jaune (symbole de la course).

 

En fin d'après-midi, retour à l'hôtel, pour préparer les sacs. C'est le bordel dans la chambre car il faut surtout rien oublier (on part pour une semaine!!). Ensuite, petit resto pour manger des pâtes (avec un peu de vin italien!!). La nuit fut bonne. Un départ à 10 heures permet de prendre tranquillement un petit déjeuner. 8h30, je quitte l’hôtel pour rejoindre la ligne de départ.

 

Le TOR DES GEANTS c'est quoi ??? :

   330 kilomètres (200 miles)

      24 000 mètres de dénivelé positif (et autant en négatif car c'est une boucle)

      25 cols situés entre 2000 et 3300 m

 

      150 heures pour réaliser l'exploit de franchir la ligne d'arrivée

 

Courmayeur- Valgrisenche  49km :

 

Arrivé sur la zone de départ à 9h30. La pluie est au rendez vous. Il y a une superbe ambiance sous cette arche avec un mélange de couleurs et de commentaires en différentes langues. Le départ est prévu pour 10h. Le stress arrive car une petite voix me dit « seras tu capable de faire 332km ?? ».

 

Il est 10h17, après une cérémonie protocolaire un peu longue, nous nous élançons dans les ruelles étroites de Courmayeur (1234 m). Après 2 km à travers la ville, on se retrouve au pied de la première ascension (un chemin en monotrace.) Cela entraîne un embouteillage dans cette montée vers le col d’Arp (2557 m).

 

Une fois passé au dessus des nuages, il fait très beau. Tout le monde enlève les vestes de pluie. Après 2h25, je passe le premier col en présence de nombreux spectateurs (randonneurs et suiveurs). « Et un col de moins à franchir », mais la route reste longue avant l'arrivée. Première descente, je commence à trottiner puis à courir dans les pâturages (que du bonheur).

 

Direction Youlaz (refuge de berger) pour un arrêt éclair. Je rejoins La Thuile (14h02), je mange de la charcuterie, du fromage et du pain. Après 10 min, je prend la direction du Passo Alto, la montée se déroule bien. Je rejoins le refuge Deffeyes (2500 m), lieu de ravitaillement placé dans la montée vers le col.

 

 

La pluie fait son apparition. Je remet la tenue de pluie. Le parcours continue un peu en vallée avant de serpenter régulièrement vers le col du Haut Pas (2857 m) puis de descendre vers le ravitaillement de Promoud (2045 m), descente rendu glissante avec la pluie. Ensuite le col de la Crosatie (2816 m), l’ascension est technique avec de grandes dalles disposées en escalier très raide (800 m D+ sur 4 km). La nuit tombe et le col n'est pas en vue. La pluie se transforme en grésil puis en grêle. Il fait froid. L'orage gronde. Ce n'est pas un temps à sortir en montagne. Au sommet, le vent souffle en rafales entre 80 et 130 km/h m'obligeant à m'accroupir derrière des gros blocs de pierres pour me protéger. Je n'ai jamais eu aussi froid sur une course heureusement que j'avais ma polaire intégrée !!!). C'est à cet endroit qu'un concurrent chinois perdra la vie suite à une chute dans un pierrier.

 

Le col passé, j’entame la longue descente vers Planeval via le Lac de Fond (2450 m). Je fait la descente avec un espagnol. Le sol est très glissant et avec des parties en devers (pas bon pour les chevilles). On essaye de se réchauffer en accélérant dans les portions roulantes. Une portion de bitume qui fait du bien, puis arrivé à Planeval (1575 m). je pense que c'est la base vie. Et non, on m'indique que c'est dans 5km. Dur dur car j'ai hyper froid et quelques concurrents jettent l'éponge (en hypothermie). Je me ravitaille brièvement (pour ne pas être influencé par les abandons) et je marche, puis je trottine à bonne allure dans la vallée en direction de Valgrisenche et de la première base de vie. Il fait nuit, il fait frais le long de cette rivière. Les bénévoles ont allumé des bougies de chaque coté du chemin pour nous guider vers cette tente dressée dans ce village que je rejoins à 00h27.

 


Je récupère mon sac jaune, je mange une assiette de pâtes dans cette agitation et ce désordre ambiant. Je tente un repos pour pouvoir me réchauffer. Mais dans le dortoir, c'est le bordel (trop de bruit) car les concurrents déballent ou remballent leurs sacs, arrivent ou repartent et les italiens parlent fort. Au bout d'une heure, enfin réchauffé mais je n'ai pas pu dormir.

 

 

Je décide de me préparer et je me ravitaille. Les repas des bases de vie sont copieux (des pâtes, du jambon, du thon, des fruits, de la compote, des yaourts, de l'eau gazeuse, du coca, ...). Ravito au top car nous sommes servis à table par les bénévoles.

Valgrisenche – Cogne  56km :

 

Il est 02h52 quand j'attaque cette deuxième étape (le moral est à bloc). je quitte tranquillement la vallée en direction du Chalet de l’épée (2368 m), prochain ravitaillement, je m’y arrête 7 minutes, le temps de boire un thé au milieu de quelques coureurs endormis autour des tables. Direction le col Fenêtre (2838 m) puis une terrible descente en lacets très raides (1100 m D- sur 4,5 km) vers Rhêmes Notre Dame (1751 m).

 

 Lundi, 08h09, j'essaye de me ravitailler. Mais mon estomac présente des signes de faiblesse depuis quelques kilomètres (vomitos pour les spécialistes!!!). Une charmante secouriste me donne un cachet.

 

L'objectif suivant est de le Col Entrelor (3010 m.) soit 1280m D+ sur 5,5 km (soit une moyenne de 23% ce qui équivaut à monter un escabeau!!!). Je fais une montée régulière mais l'estomac est toujours en panne. Je m'accroche. Après 300 m de D+, les jambes ne répondent plus et le moral est au plus bas. Le cachet ne fait pas d'effet. Je m’arrête puis je m'accroche à chaque concurrent qui me dépasse. Rien à faire pour avancer, je suis vidé.

 

Je décide de faire une pause au soleil mais une petite voix me dit «  il reste encore 900 m D+ pour passer le col puis une grosse descente avant le prochain ravito …......... le plus simple c'est de redescendre au dernier ravito et d'abandonner !!!! ». Avant de prendre ma décision, Je décide de téléphoner à mon staff (Jean Michel, Laurent et le Team Le floc'h). Leur conseil : « Un gars comme toi n'abandonne pas !!!  mais fait attention à ta santé». Après mettre allongé pendant une bonne heure ( le soleil m'a réchauffé et l'estomac se fait discret), je décide donc d'aller jusqu'au prochain ravito. Je repars doucement (dur dur). C'est à ce moment que je croise la route de Philippe qui m'encourage à le suivre. De nombreuses pauses ont été nécessaire pour gravir le col.

 

En buvant un thé chaud au poste de secours présent au sommet, on se dit qu'il serait sympa de faire un bout de chemin ensemble avant que chacun trace sa route.

 
La descente débute par un sentier très escarpé dans la caillasse mais se radoucit assez rapidement pour suivre une courbe de niveau le long de 2 lacs. 10 kilomètres de descente pour arriver au ravitaillement d’Eaux Rousses (1702 m).

 

Lundi, 15h10, je me force à manger une soupe avec des pâtes pour remettre l'estomac en place. Je prends 5 minutes pour écouter les messages et lire les nombreux SMS d'encouragements (merci, ça fait du bien). On décide de  dormir un peu (une demi heure) à l'ombre d'un arbre car il fait trop chaud au soleil. Quel régal ces 30 minutes de sommeil surtout que ce qui nous attend derrière est le plus haut col du parcours.

 

Nous marchons à travers la forêt jusqu’au refuge des gardiens (2285 m) qui marque le début de la réserve naturelle. Ensuite, la pente devient raide puis très raide.

 
Il y a encore 1000 mètres (ou 1 kilomètre) de dénivelé positif avant de franchir le col qui est le toit de la course. Le final de l'ascension se fait de nuit et l'altimètre n'évolue pas vite. De temps en temps, je tapote sur ma montre pour vérifier qu'elle fonctionne toujours. La montée se réalise avec la compagnie d'un troupeau de bouquetins qui cherche un abri pour la nuit. Devant moi il y a un serpentin de frontales qui se confondent avec les étoiles. Mais il est où le pu---n de sommet ?? Et enfin voilà le sommet du col de Loson qui culmine à 3299 m (c'est comme chez Leclerc il n'arrondisse pas au chiffre supérieur !!!). Une pause s'impose pour prendre une photo (excuse pour reprendre son souffle!!)

 

La descente commence par un passage très délicat sur une trace étroite (on ne se croise pas sur plus d'une centaine de mètres!!!) et glissante. Il y a une corde sur le coté gauche car à droite les frontales n'éclairent que du vide. Voir la photo d'un concurrent qui passe de jour.

 

Une jeune italienne est tétanisée et la compagnie de 2 jeunes hommes la rassure. Un thé chaud avec les pointeurs dans leur cabane et nous voilà repartis en trio.Ensuite c'est la longue descente (1765 m D- sur 12km) vers la deuxième base de vie. Comme convenu, je donne le rythme dans la première partie de la descente pour que Philippe « se repose » (pas besoin de chercher la trace !!) et l'italienne ferme la marche. Ma frontale donne des signes de faiblesses, le champs lumineux se rétrécit et les cailloux viennent souvent au contact de mes doigts de pieds (aie aie). Passage par le refuge Sella (2596 m) pour un pointage, un verre de thé sucré et changement de piles. On repart rapidement car il fait trop chaud dans le refuge (la jeune fille préfère rester pour se reposer). Les 5 kilomètres suivants sont techniques et pentus. La présence de racines et de rochers m'oblige à marcher dans certains passages pour ne pas chuter. Puis enfin la vallée, la pente devient plus douce en suivant une route goudronnée qui nous guides jusqu'à Cogne (1539 m). Cette route me paraissait tellement longue que je doutais du fléchage. Enfin  la 2ème base de vie (102 km) et il est 01h06 du matin (on est Mardi).

 

 Cogne – Donnas  44km :

 
   

Il est 04h36. Il n'y a qu'un seul col à passer pour rejoindre Donnas c'est la Fenêtre Champocher (2028 m). On redémarre le long d’une rivière en direction du ravitaillement de Goilles (1830 m). D'abord sur une route asphaltée puis un chemin carrossable qui nous amène tranquillement au ravito.  C’est sur un bon rythme que nous suivons sur le sentier qui traverse des zones boisées et de larges pâtures en direction du refuge. Nous sommes dans le Parc National de Grand Paradis.

 

 

 

Le jour se lève et le vent aussi. La température doit être négative car tout est gelé. L'arrivée au refuge Sogno (2530 m) se fait sous les caméras de la RAI. L'accueil est chaleureux et un buffet bien garni nous est proposé. Une fois réchauffé, la montée vers le col Fenêtre de Champorcher (2827 m) ne sera qu'une formalité.

 

Le col passé, nous entamons la descente vers le refuge Dondena. Passage magnifique par un petit barrage avant d'arriver au ravito.

 
   

 

Ensuite, la descente est roulante (un vrai régal pour un descendeur !!! ) mais entrecoupée de quelques petites montées sèches qui font mal aux jambes.

 

Le ravitaillement de Chardonney est atteint sous un beau soleil (mardi  12h46). L'accueil est fait sous le son de cloches de vaches. Les bidons remplis, me voilà parti pour une très belle portion qui débute le long d'un torrent, foret, pierrier, passage sur des ponts en bois suspendus au dessus du torrent, traversée de villages avec de superbes ponts en pierres.

       
       
 

 

       
       
 

 

Enfin la ville de Donnas. Mais, hélas la base vie est de l'autre coté de la ville. Ce passage va être très très long. Même la SNCF

locale nous ferme les barrières pour ralentir notre progression. On va descendre des rues très raides pour remonter un peu plus loin (l'horreur!!). La base vie de Donnas est atteinte à 18h02 (149 km).

 

 
   

 

A l'arrivée nous avons décidé de manger et essayer de dormir. Mais le programme va être vite modifié car il n'y a plus de place dans le dortoir. Il faut attendre plus de 2 heures pour avoir un lit. Le nouveau programme va être le suivant : manger, douche, massage par une jeune italienne aux yeux bleu (les douleurs musculaires disparaissent), manger, petit repos de 15 minutes assis sur une chaise. Comme c'est trop le bordel, on décide donc de partir et de tenter de rejoindre le prochain refuge pour pouvoir dormir.

 

 Donnas – Gressoney-St-Jean  53km :

L'équipe de choc (Philippe et moi) quitte Donnas à 21h56. D’après les concurrents la 4ème étape est sans doute la plus difficile avec 4000 m D+ sur 50 km. Et avec moins de 1 heure de sommeil pour 59 heures de course, la progression ne va pas être simple.

Le parcours passe à travers des jardins suspendus pour prendre la direction direction de Pont-st-Martin. Il y a encore du monde dehors dont un diable qui s'amuse à nous faire peur. Nous remontons à travers le village par des ponts en pierres et des jardins en direction du village de Perloz (658m), le passage de chaque participant à ce ravitaillement est signalé par un très sympathique bruit de cloches !!!! (sympa pour les villageois qui dorment !! ). Une petite bière fraîche avec les bénévoles et ça repart. Le sentier longe une vallée profonde. La traversé du torrent se fait par la Tour d’Héréraz. Le sentier prend la direction du village de Remondin (620 m). Fini la descente, le pourcentage de pente du sentier commence sérieusement à grimper. Il y a 1700 m D+ jusqu'au refuge Coda. Avec la forte pente, la fatigue commence a faire son effet (zig zag). A ce moment, nous sommes sur des sentiers étroits qui longent des précipices. La nuit associé au froid augmente la fatigue, donc il faut dormir. Mais ou ?? Il n'y a aucun abri (pas un arbre, pas un gros rocher). Le temps paraît long et enfin un hameau abandonné à proximité du chemin. On s'allonge à l'abri d'un mur. Au bout de 15 minutes le froid me réveille, fini le dodo. Ensuite le sentier est constituée majoritairement de marches assez éprouvantes pour accéder au refuge de l’Étoile du berger. Des lumières nous indique le refuge (mercredi 4h03). Le dortoir est plein mais il y a une tente de montagne. Enfin un lit !!! 1h30 de sommeil est programmé. Le réveil est très dur.

Après la pause, il nous reste encore 900 m D+ sur 4,5 km pour atteindre le refuge Coda au Col de Carisé (2124 m). Le tracé est droit dans la pente (pas un seul lacet). Le refuge se trouve au fond de la vallée d'Aoste qui marque la mi-parcours. L'autre coté du massif c'est la plaine de Po. Cela fait bizarre de voir quelque chose de plat à l'horizon.

 

       
       
 

 

 

Une soupe et un plat chaud fera un bon petit déjeuner

A la sortie du refuge, le fléchage indique le parcours dans la pente. Le début de la descente est à nouveau très, très raide. Les 6,5 km qui nous séparent du lac de Vagno vont être réalisés sous le soleil. Après une petite descente, nous arrivons à une ferme dont les propriétaires proposent un ravito sauvage (fromage, gâteaux, coca, eau, bière, …). Un superbe accueil à l'italienne. Plus que quelques kilomètres pour atteindre le  barrage pour le ravito officiel. Ensuite le plus dur arrive. Il y a d'abord le col de Marmontana (2350 m) ; puis la Crenna dou leui « l'entaille du loup » et enfin le col de la Vecchia. On a fait que descendre et monter dans des murs de pierriers (petits et gros blocs de pierres). Moi qui aime ce type de terrain, j'ai trouvé cette partie horrible !!!!! De plus, mon genou droit commence à me piquer à chaque choc dans les descentes. Il faut donc gérer les descentes et je laisse Philippe partir. Au ravito du col de la Vecchia, un médecin me donne un cachet antidouleurs et m'indique que pour descendre à Niel il faut normalement plus de 2 heures. D'abord, on est dans les cailloux, puis ensuite en foret. Dans cette partie, je rattrape 5 personnes. A la sortie du bois, le village de Niel fait son apparition (Mercredi 17h50). Les secouristes me donnent de la glace pour mettre sur mon genou le temps de me ravitailler (45 minutes). Pour repartir, je ma retrouve seul car les autres ont abandonné. De plus, on attaque tout de suite l'ascension du Col Lasoney (930 m D+). Mon genou tient et la nuit arrive. Lors de l'ascension, il ne faut pas perdre les fanions de vue car il y a des chemins dans tous les sens.

 

Au col, je me retrouve sur un plateau. La descente de 3 km se fait dans les alpages (champs de vaches) pleins de trous et de cailloux (super pour le genou) pour atteindre le refuge de Loo. Personne n'a eu l’idée de prendre les cailloux pour boucher les trous !!!. Ce qui m’inquiète c'est qu'il n'y a pas une frontale devant ni une derrière. Il fait nuit,froid, je suis seul et fatigué de quoi flippé. De temps en temps, je touche les fanions pour m'assurer de ne pas rêver et d’être sur la bonne trace. Après avoir dégusté du bon fromage et du saucisson sec, il faut partir pour Gressonney (base vie). 7 km de descente dans les cailloux et les racines. Je ne dois pas traîner car il y a la barrière horaire qui se rapproche. Je résiste à la douleur (un petit antidouleurs serait utile). Après la descente, il y a une route bitumée qui permet de retrouver une foulée correcte. Me voilà à la base vie de Gressonney (la 4ème de la course). Il est 23h29 (mercredi) et 200 km au compteur.

Lors de la demande de glace aux secouristes, le médecin de garde m'a ausculté le genou. Et il ne m'a pas autorisé à repartir. Il m'indique que je cours de gros risques à continuer dans cet état. Rien à faire pour me laisser repartir. Fin de l'aventure.

 

85h12 de course (dont 4 heures de sommeil) pour faire 200 km (15 000 m D+). Il manque 132 km et 9000 m D+ au compteur (pour la veste Finisher), peut être pour une prochaine fois !!!!!!!

 

                                              BRUNO